A l’assaut de la Côte des Gardes du Paris-Versailles

La Paris-Versailles ! Un passage obligé pour tous les runneurs qui se respectent. Une classique. 16km de légende ! 16km équivalent à un semi-marathon.

IMG_4476Entre l’arrivée en faux plat pour atteindre le Château de Versailles et la fameuse Route des Gardes (2km d’ascension d’une pente à 7%), la Paris-Versailles propose de jolis challenges. De quoi vérifier que nos jambes sont bien là et poumons et coeur tiennent le coup.

Cette course, je l’avais noté dans ma to-do-list sans penser que je la ferai même pas un an après mettre réellement mise au running. Et puis, il y a eu ce concours Vital Mag et Adidas. Je l’ai tenté sans vraiment y croire et en me disant qu’avec l’enchaînement Odysséa et 20km de Paris les semaines suivantes ce ne serait pas un drame si je passais à côté de ce dossard. Jusqu’au moment où j’ai reçu le mail m’annonçant que j’avais gagné.

Joie immense suivie d’un moment de stress non moins intense en me disant que j’allais devoir affronter la Route des Gardes sans réel entraînement. A nouveau une petite fierté, en me rappelant que mon père l’a couru il y a quelques années sans entraînement spécifique et que d’une certaine manière on pourrait partager cela ensemble par la suite.

Bref, c’est donc avec enthousiasme et anxiété que je me suis rendue ce dimanche 24 septembre au pied de la Tour Eiffel (sensation de déjà-vu après la Parisienne). J’avoue que courir sans les Running Roses c’est un peu tristoune, mais bon je suis aux côtés de Dame M pour ma première course avec elle. Dans le RER, on s’amuse de voir tous les runneurs qui partagent le trajet avec nous. On est 25 000 à prendre le départ et on a l’impression que tous les lèves-tôt de ce dimanche matin ont le même rendez-vous au pied de la Tour Eiffel. Les maillots jaunes (oui jaune encore, comme pour la Grande Course, mais moins fluo) fleurissent sur les quais et dans la rue.

Gonflée à bloc par leurs messages (et un brin stressée) , je me positionne dans le SAS pour prendre mon départ pour cette 40ème édition de Paris-Versailles. L’organisation est au top. Tout est fluide : accès au SAS, dépôt et retrait aux consignes, bénévoles scouts surmotivés et adorables, wc à dispo même sur le parcours… On sent que c’est une course d’un niveau plus pro malgré tout.

IMG_4478Premier départ à 10h pour les élites, je fais partie de la neuvième vague et je m’élance à 10h10. Les premiers kilomètres le long de la Seine et du Parc André Citroën passent tout seul. C’est plutôt roulant et j’affole sans le vouloir mon chrono. J’essaye pourtant de me calmer un peu en me rappelant que je ne suis sur la Parisienne au niveau distance, mais que j’ai 16.3km à parcourir. Surtout que le premier ravitaillement (sucre et eau) annonce l’arrivée de la fameuse côte des gardes.

2km à parcourir pour atteindre les 173m d’altitude. 2km de routes sinueuses qui fait qu’il est impossible d’en voir le bout avant les 100 derniers mètres. 2km que les habitués comme les novices redoutent. Dame M s’entraînait pour celle-ci depuis des mois et a réussi à la dompter. Pour ma part, vu que cette course n’était pas dans mon programme, je n’avais pas du tout travaillé la côte. Le 20km de Paris et le Semi de Boulogne sont plutôt roulants donc pas de raison de m’épuiser sur ce type d’exercice… Heureusement malgré tout que dans mon parcours de sorties hebdomadaires j’ai quelques côtes à faire. Résultat, ce n’est pas l’inclinaison de la pente (7%) qui m’a le plus posé problème, mais sa longueur. Car si je peux tenir sur 500 mètres et avoir encore suffisamment de patate dans les jambes pour la reprise, ce n’est pas la même histoire sur 2km.

Le but était d’arriver au bout et de ne pas me blesser, alors j’ai écouté mon corps. J’ai alterné courses et marche rapide (tellement rapide que j’ai dépassé certains coureurs…). Plutôt contente, même si j’aurais aimé la faire entièrement en courant, mais encore une fois, je ne voulais prendre aucun risque et je souhaitais surtout aller au bout de cette course. La côte des gardes, c’est du bitume et des pavés. C’est des virages. C’est tout un tas de monde sur le côté pour encourager les coureurs ou marcheurs. C’est 2km qui mettent à l’épreuve votre physique et votre mental. C’est une côte que je compte bien affronter à nouveau et en courant de A à Z cette fois et je l’espère avec les Running Roses au complet.

Arrivée au 8ème kilomètres et donc au sommet de cette côte, je savoure le second ravitaillement. Orange, raisins secs, sucre et eau. Je n’ai jamais autant profité d’un ravitaillement. Je suis passée semi-pro dans l’art de boire et courir en même temps ainsi que de viser correctement « les aires de déchets ». C’est aussi la première course où je bois autant et j’utilise l’eau pour m’asperger visage et cheveux. Il faut dire que le soleil est au rendez-vous et que courir en short était une idée judicieuse.

La côte des gardes laisse la place à la forêt de Meudon. Cette immersion dans la nature est un bonheur, surtout quand après la grimpette on passe à la descente. Les jambes partent toutes seules et j’affole à nouveau mon chrono. Kilomètre 9, 1 heure de course, mes jambes sont toujours là et j’ai fait plus de la moitié. Je respire et j’ai même la sensation de planer (ma consommation de sucre ne doit pas y être étrangère) tout spécialement durant les phases de descente. Comme si j’avais des ailes dans le dos.

Les kilomètres s’enchaînent avec une aisance qui ne cesse de me surprendre et dès qu’un petit coup de mou pointe le bout de son nez, j’entends dans ma tête toutes les paroles ultra-motivantes de mes copines Running Roses. Je m’imagine courir à leurs côtés et je ne lâche rien. Même si au 13ème kilomètres, la côte du cimetière (plus courte que la première) me met un coup dans les jambes. Petite mais costaud… et un brin traître dans son genre. Alors que je pensais que le plus dur était derrière moi, ce Paris-Versailles me réserve encore de belles surprises. Un dernier ravitaillement et on quitte doucement la forêt de Meudon pour rejoindre la ville et faire notre entrée dans Versailles.

IMG_4480La fin approche et les jambes sont encore belles et bien là. Une nouvelle descente m’a permis de me relancer et de me donner l’impulsion nécessaire pour boucler cette course en beauté. Il ne reste qu’à affronter le faux plat de la Rue de Paris remontant vers le Château et l’arche d’arrivée. 2km me séparent de l’arrivée et du bout de ma course officielle la plus longue. 2km où les photographes sont présents et où je souris bêtement tellement je suis heureuse d’être finisher de cette « Grande Classique ». 2km un peu traître vu que l’arche n’est visible que 500 mètres avant. Je passe le kilomètres 16. Plus que 300 mètres à parcourir et je tente une dernière petite accélération. Pas de sprint, pas assez de répondant, mais juste de quoi doubler quelques coureurs et passer la ligne d’arrivée la tête haute avec une grosse envie d’hurler ma joie… (Qu’est-ce que ça va être à la fin de mon premier semi).

Franchement, cette course m’a permis de passer un cap. Je suis allée plus loin, plus vite. Je me suis dépassée et prouvée que j’étais capable de faire quelque chose qu’il y a encore un an je n’aurai jamais osé imaginer. Je suis fière de moi. Fière d’avoir passé cette ligne au bout d’1h40min35sec alors qu’avant mon départ, je me voyais terminer en plus de 2h.

Il ne faut jamais dire jamais. Il faut oser. Et quand on est soutenu par ses proches, par une équipe de choc et des amies en or, on peut abattre tous les murs.

Merci à Vital Mag et Adidas pour ce dossard. Pour cette expérience sportive magique. Pour m’avoir permis de courir « sur les traces de mon père » et de tant d’autres runneurs avant moi. Il y a tellement d’histoire sur ce parcours. 40 ans pour être exacte et ça donne une dimension unique à ces 16km.

Bravo aux scouts, aux bénévoles, à tous les coureurs et à l’Association Paris-Versailles.

Mes résultats :
16.3km
1h40min35sec
Classement général : 15 211ème sur 22 242
Catégorie Femme : 2 950ème sur 6 453
Catégorie Sénior : 1620ème sur 3286

4 commentaires sur “A l’assaut de la Côte des Gardes du Paris-Versailles

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