Ces mots qui font mal…

Les adultes n’ont pas conscience des mots qui font mal. Du vocabulaire sortant de leur bouche à destination des plus jeunes. Ils oublient, parfois sans le vouloir, parfois en toute conscience, qu’eux aussi ont été enfant et que les paroles qu’on leur adressaient les touchaient et les hantaient.

Les adultes sont faillibles. On a beau mettre nos parents sur un piédestal, vient un moment où ils en tombent violemment. Tout simplement parce qu’ils sont humains. Qu’ils font des erreurs. Qu’ils ne sont pas parfaits.

Les adultes sont plus souvent dans la réaction face à leurs enfants que dans la réflexion. Ils réagissent au quart de tour. Par peur, par fatigue, par impatience. Résultat leurs mots dépassent parfois leurs pensées. Mais il ne faut pas oublier que certains adultes sont aussi tout simplement cruels et calculateurs.

J’ai grandi au milieu de certaines phrases prononcées par les adultes m’entourant. Comme « c’est toi l’aînée, tu dois montrer l’exemple / tu dois t’occuper de tes soeurs / tu dois veiller sur elle ». Bonjour la pression !

ob_ca74dd_15Mais il n’y a pas que les mots, il y a aussi les actes, les regards. Comme ceux que l’on vous jette quand vous manger, qui sont lourds de sens et vous font bien comprendre que cette fourchette remplie ou ce gâteau se dirigeant vers votre bouche aurait mieux fait de rester posé. Comme voir vos proches se peser 5 fois par jour (après chaque passage aux WC) pour surveiller son poids alors que vous, vous évitez la balance à tout prix. Comme entendre une amie de mon père crier « attention il y a un éléphant qui court » en vous voyant arriver en courant à l’école.

J’ai passé des années à me détester. A me cacher derrière toutes les épaisseurs de vêtements et de graisse que je pouvais. Considérant que manger m’aiderait à oublier. J’ai grandi avec pour seul objectif de m’occuper de mes soeurs. Au point, que j’étais soulagée à chaque fois que je n’étais plus dans la même école que l’une d’entre elle. Pas de comparaison, pas de pression, pas besoin de veiller sur qui que ce soit en dehors de moi. Et très honnêtement, je pense qu’elle a aussi mal vécu la situation que moi, vu que les profs ne se gênaient pas pour nous comparer.

Si j’ai réussi à couper le cordon et à passer au-delà de ces mots/maux pour me construire – et il aura tout de même fallu que j’attende d’avoir plus de 30 ans pour cela – certains n’ont pas cette chance et passent leur vie d’adulte dans un mal-être qu’ils ne comprennent / ne maîtrisent plus.

On dit souvent que les enfants sont cruels entre eux. Et ce n’est pas faux. Seulement, les enfants sont excusables. Ils n’ont pas encore toutes les cartes en mains pour savoir que leurs paroles peuvent hanter et blesser profondément. Ils ne font d’ailleurs que copier un schéma qu’ils subissent ou dont ils sont les témoins.  C’est pour cela qu’une campagne comme celle dans la vidéo ci-dessous est primordiale. Car si les adultes avaient enfin conscience que chacune de leur parole peut avoir un impact profond pour un enfant, peut-être que les enfants seraient plus gentils entre eux. Et surtout, cela donnerait des adultes heureux, équilibré, soutenu et prêt à transmettre les mêmes valeurs.

Une enfance sans pression, sans reproche, sans comparaison. Une enfance pleine d’encouragement, de mots d’amour, de positivité et d’ouverture, c’est tout ce que l’on peut souhaiter pour les générations futures.

 

4 commentaires sur “Ces mots qui font mal…

    1. Merci.
      Et oui. On ne se rend pas compte en tant qu’adulte du « pouvoir » que l’on a sur les enfants et du poids de chaque mots…

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