Lever le pied…

Depuis septembre, j’ai la sensation d’aller à 200 à l’heure. Entre le boulot, la prépa du semi et les diverses courses faites, je n’ai pas vu défiler ces mois. Seul mon corps me rappelle gentiment à l’ordre depuis quelques jours.

Pas évident de trouver un juste milieu. Surtout pour le bélier que je suis. Foncer dans le mur tête baissé (et recommencer) est ma spécialité et quelque peu ancré en moi. J’aimerais être plus raisonnable, mais j’ai une forte tendance au « tout ou rien ». Faire à moitié, abandonner, je ne supporte pas. Il faut que je m’assomme ou que le mur s’écroule sur moi pour m’arrêter (et encore…).

Ma rencontre avec les autres membres des Running Roses ne m’a pas aidé sur la voie de la raison. Au contraire, on a plutôt tendance à s’entraîner dans nos folies. Pas une pour rattraper l’autre. On se dit qu’il faut faire une pause, arrêter les dépenses et une nouvelle course se présente à nous à laquelle on ne peut pas résister : « C’est pour la bonne cause », « On a gagné nos dossards »…

giphyBref, toujours plus facile de trouver une excuse pour continuer sur cette lancée que de réellement lever le pied.

La sensation d’être une droguée qui ne peut pas se passer de sa came trop longtemps sans être au 36ème dessous. Toxico au point de repousser mes limites toujours un peu plus loin pour avoir plus de sensation. Le sport peut-être une drogue terrible. Et mon médecin me l’a rappelé dernièrement : « Le sport oui, mais avec modération ».

Comme pour toutes les choses qui me tiennent à coeur et me passionnent, je me jette dedans à corps et à cri sans réfléchir aux conséquences. Au risque de me perdre. De m’oublier. Comme une fuite en avant.

giphy (2)Je ne sais pas si c’est l’âge ou l’expérience… Je dirais un savant mélange des deux…. Mais depuis quelques semaines, je suis vraiment en pleine réflexion à ce sujet.

Je ne veux pas faire partie de ces sportifs qui vont trop loin, jusqu’à la blessure (fracture de fatigue ou autre) et qui ne peuvent plus pratiquer durant un an, voir plus… Surtout quand j’ai eu tellement de mal à m’y remettre suite à ma ligamentoplastie du genou. Presque 5 ans d’inactivité (bon une mauvaise rééducation à l’époque ne m’a pas aidé). Aujourd’hui, c’est une chose inenvisageable pour moi.

Si je vais aller au bout de mes engagements, des dossards déjà achetés, je sens qu’il ne faut pas que j’aille plus loin. Que mon corps malgré tout, déjà un peu usé par mes erreurs de jeunesse, ne récupère plus aussi rapidement. Je suis en bonne santé, en pleine forme et je compte bien le rester.

Et puis, à force de trop courir, je commence à perdre de vu le plaisir. J’enchaîne les courses plus par obligation que par envie. C’est pour cela que faire une pause sera des plus bénéfiques pour retrouver les sensations de mes premières courses (avec certes plus d’assurance et de maîtrise).

giphy (1)Courir moins sera aussi un moyen de me diversifier un peu plus. De (re)découvrir d’autres disciplines. De prendre soin de moi.

Après tout un brin de raison ne peut pas être si nocif que cela ?…

Il faut simplement accepter de lever le pied. Enfin c’est toujours plus facile à dire (à conseille aux autres) qu’à faire (à accepter pour soi).

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