Me voici de Jonathan Safran Foer

Il faut s’armer de patience avec Jonathan Safran Foer. Le romancier américain a été révélé en 2002 avec Tout est illuminé. Pour ma part, c’est second roman, Extrêmement fort et incroyablement près, en 2005, qui m’aura complètement conquise. Et en 2009, il se lance dans un pamphlet végétarien avec Faut-il manger les animaux, qui m’aura lui aussi beaucoup touché.

me-voici-939491-264-432Me voici est donc son 4ème ouvrage. Un roman somme sur une famille juive américaine au bord de la rupture. 740 pages qui m’ont fait rire, m’ont touché mais m’ont aussi parfois fortement ennuyé. Pourtant quand j’ai ouvert le paquet contenant ce roman, j’ai sauté de joie en le découvrant. Trop heureuse de lire à nouveau l’un de mes auteurs contemporains préférés. La mayonnaise n’a pas prise correctement. A chaque fois que je commençais à m’emballer, à me dire que « ça y est, je ne lâche plus ce livre » un nouveau chapitre me plongeait dans un état de « what the fuck ».

On assiste au fil de ses pages inégales à la décomposition d’un couple, et par conséquent d’une famille, les Bloch. Alors que leur fils Sam est accusé d’avoir fait une liste de termes racistes en cours, Julia découvre un téléphone caché appartenant à son époux, Jacob, et contenant des textos pornos. Julia doute de tout. De la sincérité de son fils quand il dit ne pas avoir rédigé cette liste. De la fidélité de son mari quand elle le confronte aux messages. Elle va ensuite croiser la route d’un ami, Mark, en cours de divorce, avec qui la situation va devenir un brin complexe.

Le doute, le manque de confiance et la rancœur accumulée durant tant d’années prennent le dessus et la guerre (pas si) froide que cela commence. Elle se répercute petit à petit sur le reste de la famille, tandis que des événements (un séisme au Moyen-Orient) viennent faire écho à cet effondrement.

Si le tout s’avère aussi chaotique que la relation entre nos deux principaux protagonistes, le romancier dissèque et tente de nous immerger dans cette famille. Nous devenons voyeur plus que témoin. Le récit repose beaucoup sur les dialogues si certains font mouche et peuvent même être assez violent, beaucoup traînent en longueur.

Les personnages sont tous bien travaillés. Chacun apportent sa singularité à l’oeuvre et tire son épingle du jeu même en restant secondaire. Il faut souligner le travail impressionnant qu’un tel récit à demander à l’auteur au vu de sa complexité et de son ensemble qui parvient à faire sens en s’assurant que chaque digressions face écho à la situation de la famille Bloch.

Avec ces 740 pages, Me voici m’aura occupé quelques soirées. Malgré cela, il ne détrônera pas Extrêmement fort et incroyablement près, qui reste pour moi mon roman préféré de Foer. Cette demi déception ne m’empêchera pas d’attendre avec impatience son prochain ouvrage.

 

Me Voici de Jonathan Safran Foer
Editions de l’Olivier
741 pages / 24.5€

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